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Robert
Schreiter, C.PP.S* La réconciliation, nouvelle dimension de la discussion sur la mission Tout au long du siècle dernier, le thème de la réconciliation a été, directement ou indirectement, mentionné dans les discussions entre théologiens à propos de la mission ; pourtant, ce n'est que depuis une quinzaine d'années qu'il s'est manifesté comme une manière importante de parler de la mission. Dans son ouvrage magistral paru en 1992, Dynamique de la mission chrétienne (Labor et Fides, 1995), David Bosch n'en pane pas. Par contre, il y est fait plusieurs fois référence dans le récent livre de Stephen Bevans et Roger Schroeder Constants in Context, publié en 2004. Que s'est il passé? C'est que, depuis quelque temps, on s'efforce d'assumer un passé de violence, on ressent la nécessité de mettre tin à la haine et on s'est lancé dans la longue tâche consistant à reconstruire des sociétés brisées ; et c'est ainsi que la réconciliation s'est imposée à l'esprit de beaucoup de gens, en particulier chez ceux qui s'intéressent à ce que fait l'Eglise. Ces derniers temps, de nombreuses conférences traitant de la mission ont abordé ce thème, qui figure également dans le titre et les documents préparatoires de cette conférence ; tout cela illustre bien la situation actuelle en la matière. Dans mon intervention, je voudrais exposer comment nous pourrions considérer la réconciliation comme un paradigme ou un modèle de la mission. Pour commencer. je vais essayer de montrer que, dans un sens, l'idée de réconciliation nous révèle le cœur de l'Evangile. Ensuite, j'approfondirai le concept de réconciliation tel qu'on l'entend aujourd'hui, en expliquant qu'il s'agit à la fois d'un processus pour pratiquer la mission et d'un objectif de la mission. La réconciliation, coeur de l'Evangile S'il est vrai que, dans les Ecritures hébraïques, on ne trouve pas le terme de «reconciliation» en tant que tel et qu'il n'est utilise que quatorze fois dans le Nouveau Testament, la Bible abonde en récits de réconciliation — depuis l'histoire de Jacob et Esaü, en passant par celle de Joseph et de ses frères et jusqu'aux paraboles de Jésus, en particulier celle du fils prodigue. Ces récits nous font comprendre que le chemin qui mène à la réconciliation implique un effort permanent ; plusieurs de ces récits, d'ailleurs, se terminent sans que les protagonistes aient atteint à la réconciliation, ce qui reflète bien notre propre expérience. C'est surtout l'apôtre Paul qui nous expose la conception chrétienne de la réconciliation. Pour lui, c'est Dieu qui est l'auteur de la réconciliation ; de cela, il est convaincu. Nous ne faisons que participer à ce que Dieu fait dans le monde. On peut discerner trois types de réconciliation auxquels Dieu oeuvre. Le premier, c'est Dieu qui réconcilie une humanité pécheresse avec lui même ; cela est exprimé très clairement dans l'épître aux Romains (5,1 11), où Paul décrit la paix que nous avons maintenant avec Dieu, qui a déversé l'amour en nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. Nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort du Fils, Jésus Christ ; c'est par le Christ que nous avons maintenant reçu la réconciliation. Cet acte de Dieu qui nous réconcilie, qui nous sauve de notre péché, est parfois appelé réconciliation verticale. Fondamentalement, c'est sur celle ci que reposent toutes les autres formes de réconciliation chrétienne. Elle occupe aussi une place centrale dans l'expérience que Paul a du Christ puisque, de persécuteur de l'Eglise, il a été converti pour devenir, « à contre temps », un apôtre de Jésus Christ. Le deuxième type dont parle Paul est la réconciliation qui se réalise entre des individus et des groupes. L'exemple par excellence en est la réconciliation entre Juifs et Gentils : la manière dont cette réconciliation est opérée par le sang du Christ nous est présentée dans Ephésiens 2,12 20 : les Gentils, qui n'ont ni espérance ni promesse, reçoivent la vie dans le Christ, qui a «détruit le mur de séparation : la haine» ; il en a fait des «concitoyens» , des membres de la « famille de Dieu». Ce second type de réconciliation est parfois appelé réconciliation horizontale. Le troisième type de réconciliation place l'oeuvre de Dieu par le Christ dans le contexte de la création tout entière. Dans les hymnes que l'on trouve au début des épîtres aux Ephésiens et aux Colossiens, Dieu nous est présenté comme réconciliant toutes choses et toutes les personnes — au ciel et sur la terre — dans le Christ (Eph 1,10), faisant régner la paix dans toute la création par le sang du Christ sur la croix (Col 1,20). Ce type de réconciliation est parfois appelé réconciliation cosmique ; il représente l'accomplissement du dessein de Dieu pour la création, qui doit se produire à la fin des temps. Pour Paul, l'Eglise participe à l'œuvre réconciliatrice de Jésus Christ au travers d'un ministère de réconciliation, présenté succinctement dans l'exposé que Paul en fait en 2 Corinthiens 5,17 20
«Aussi, si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu'une réalité nouvelle est là. Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car de toutes façons, c'était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation. C'est au nom du Christ que nous sommes en ambassade et, par nous, c'est Dieu lui même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez vous réconcilier avec Dieu». C'est la réconciliation verticale qui rend possibles les dimensions horizontale et cosmique. Et c'est dans ce cadre des réconciliations verticale, horizontale et cosmique que nous devons considérer la mission chrétienne. Cette mission est enracinée dans la missio Dei, l'œuvre de la Sainte Trinité dans les actes de création, d'incarnation, de rédemption et de consommation. Par le Fils, Dieu a apporté la réconciliation au monde, ayant vaincu le péché, la désobéissance et l'aliénation dont nous étions les artisans. Le Christ nous réunit avec Dieu par sa mort salvifique, ce que Dieu confirme dans la résurrection et dans la révélation de la vie transfigurée. L'Esprit Saint donne à l'Eglise la capacité de participer à ce ministère du Fils et de l'Esprit : réconcilier le monde. L'Église a elle même, en permanence, besoin de réconciliation, mais elle devient le véhicule de la grâce salvifique de Dieu, une grâce qui doit être apportée à un monde brisé et découragé.
On pourrait résumer cette conception biblique de la réconciliation en cinq brèves thèses 1. Dieu est l'auteur de toute réconciliation authentique ; nous ne faisons que participer à l'œuvre réconciliatrice de Dieu. Pour reprendre les termes de saint Paul, nous sommes «en ambassade» au nom du Christ (2 Co 5,20). 2. La principale préoccupation de Dieu dans le processus de réconciliation, c'est la guérison des victimes. Cela ressort de deux constatations : premièrement, le Dieu des grands prophètes des Ecritures hébraïques, qui est le Dieu de Jésus Christ, fait preuve d'une sollicitude particulière pour les pauvres et les opprimés. Deuxièmement, trop souvent, l'offenseur ne se repent pas, et la guérison de la victime ne peut être suspendue à la décision d'un offenseur qui ne se repent pas. 3. Dans la réconciliation, Dieu fait de la victime comme de l'offenseur une «nouvelle créature» (2 Co 5,17). Cela signitïe deux choses : d'une part, lorsque le mal commis est particulièrement grave, il est impossible de revenir à l'état antérieur ; ce serait banaliser la gravité de ce qui a été commis. Nous ne pouvons qu'avancer vers un état nouveau. D'autre part, Dieu veut à la fois la guérison de la victime et la repentance de l'offenseur; aucun d'entre eux ne doit être annihilé : tous deux doivent être amenés à un état nouveau, dans une «création nouvelle». 4. Les chrétiens donnent un sens à leur souffrance en la situant dans la souffrance, la mort et la résurrection du Christ. C'est cette référence à la souffrance du Christ qui nous aide à échapper à la puissance destructrice de notre souffrance. Et c'est cela aussi qui, en nous, donne naissance à l'espérance. 5. La réconciliation ne sera complète que lorsque «l'univers entier» sera réuni dans le Christ (Eph 1,10). En attendant, nous ne pouvons connaître qu'une réconciliation partielle, mais nous vivons dans l'espérance.
Comment l'Eglise participe t elle à cette réconciliation ? Quelles formes concrètes cette dernière prend elle ? Dans le monde actuel, de plus en plus de gens s'intéressent à la réconciliation — ce n'est pas une préoccupation des seuls chrétiens — et, souvent, la manière dont on en parle n'est pas très claire. Ce terme est parfois manipulé et déformé pour être mis au service d'autres fins. Nous, chrétiens, devons présenter une conception aussi claire que possible de la réconciliation et préciser ce que nous entendons lorsque nous parlons du ministère de réconciliation. Pour commencer, je dirai que la réconciliation est à la fois un processus et un objectif. C'est à la fois une oeuvre qui est en cours, à laquelle nous participons, et un but auquel nous espérons parvenir. Considérons tout d'abord la réconciliation dans sa dimension de processus. Je traiterai essentiellement ici de la dimension sociale ou horizontale de la réconciliation. L'Eglise participe à la dimension verticale par ses sacrements, et à la dimension cosmique à la fois dans sa liturgie et dans son souci de l'ensemble de la création. Ces deux dimensions sont inhérentes à la réconciliation considérée comme modèle de mission. Cependant, du fait que la réflexion sur la dimension horizontale est plus récente et même nouvelle pour certains — c'est surtout d'elle que je parlerai ici. Participer à la dimension horizontale de la réconciliation, c'est participer à la guérison que Dieu veut pour des sociétés qui ont été profondément blessées et brisées par l'oppression, l'injustice, la discrimination, la guerre et la destruction aveugle. Pour aller vers cette guérison, il faut commencer par dire la vérité. briser les codes de silence qui cachent le mal commis à l'encontre des membres pauvres et vulnérables de la société. Dire la vérité. c'est aussi dépasser et corriger les mensonges et les distorsions qui, en vue d'imposer une hégémonie sur la société, accablent les innocents d'une honte imméritée et isolent les gens les uns des autres. Dire la vérité, cela implique que l'on s'efforce en permanence de dire toute la vérité, à propos des victimes et à propos des offenseurs. Dans ce sens, en pratique, dire la vérité, c'est quatre choses à la fois : il faut que cette vérité soit bien conforme à l'expérience que j'ai des événements, elle doit être dite avec des mots que je comprends, elle doit correspondre à ma conception de ce qu'est la vérité et elle doit venir de quelqu'un à qui je fais confìance. Pour un chrétien, dire la vérité, ce n'est pas seulement rapporter des faits d'une manière crédible ; c'est aussi y impliquer Dieu, qui est l'auteur de toute vérité. En hébreu, la vérité (‘emet) est un attribut de Dieu : elle est fiable, elle est durable, elle est solide et elle est fidèle. Donc, pour guérir une société brisée, c'est à ce niveau théologique profond qu'il faut concevoir de dire la vérité. En pratique, cela signifie que l'Eglise doit s'efforcer de créer des lieux sûrs et accueillants où l'on pourra dire et entendre la vérité, où l'on pourra briser le silence, où l'on pourra démonter et dénoncer les mensonges pernicieux. Cette recherche de la vérité s'accompagne de la quête de la justice. A rechercher la justice sans essayer d'établir la vérité, on risque de remplacer la véritable justice par la vengeance. La lutte pour la justice (et c'est vraiment une lutte : le mal ne cède pas facilement) se présente sous de multiples facettes. Elle implique la justice punitive, qui châtie, d'une manière légale, les auteurs d'un mal pour bien marquer qu'une société renouvelée reconnaît le mal qui a été commis et qu'elle ne le tolérera pas à l'avenir. En second lieu, elle implique la justice réparatrice, qui restaure la dignité et les droits de la victime. En troisième lieu, elle exige la justice distributive, car la guérison et la création d'une société juste sont quasiment impossibles si la victime se voit injustement dépossédée de son bien. Enfin, il faut une justice structurelle, c'est à dire une restructuration des institutions et des processus de la société de telle manière que faction juste fera naturellement partie de la société reconstruite. Pour créer une société juste, il faudra notamment prévoir une redistribution des ressources, l'équité en matière de droits, un accès garanti aux soins de santé, au logement, à l'alimentation, à l'éducation et à l'emploi. Un troisième aspect de la réconciliation considérée comme processus, c'est la reconstruction des relations. Si les relations ne sont pas fondées sur l'équité et la confiance, la société retombera vite dans la violence. Il faut améliorer ces relations, et cela à de nombreux niveaux. Pour les victimes, cela implique la guérison de la mémoire, afin que l'on ne reste pas prisonnier ou otage du passé ; il s'agit d'éliminer la toxine que contiennent les souvenirs de violence, d'oppression et de marginalisation. Cela implique la repentance et la conversion de la part de ceux qui ont commis le mal : ils doivent reconnaître qu'ils ont mal agi et prendre des initiatives à l'égard de la victime : présenter leurs excuses et faire réparation. C'est, en fait, s'engager sur le difficile chemin du pardon. Ici, le processus de reconstruction des relations est souvent court circuité. L'amnistie ou l'impunité sont accordées aux offenseurs avant même que les victimes pu se faire entendre ; on tire un voile d'oubli sur le passé, on l'occulte. Pardonner, ce n'est pas oublier ; c'est se souvenir d'une manière différente, ce qui permet d'éliminer la toxine du vécu de la victime et de créer un espace dans lequel l'offenseur pourra se repentir et présenter ses excuses. Pardonner, c'est se rappeler le passé, mais se le rappeler d'une manière qui rend possible un avenir différent, tant pour la victime que pour l'offenseur. La réconciliation, un objectif Dire la vérité, lutter pour la justice, tendre vers le pardon — telles sont les trois dimensions essentielles du processus de réconciliation sociale. Dans tous les cas que je connais, la situation est faussée au départ : les effets de l'oppression, de la violence et de la guerre ne favorisent pas naturellement l'honnêteté, la justice ni même les bonnes intentions de toutes les parties. Et ces processus ne se réalisent en général pas de manière ordonnée ; en outre, ils ne semblent jamais terminés. En fait, nous constatons que, en réalité, ils sont inachevés, prématurément clos, détournés par les puissants. Que faire, alors ? Cela m'amène à une autre conception de la réconciliation, à savoir la réconciliation considérée comme un objectif. Quand on parle de réconciliation, on a facilement tendance à croire que, la violence manifeste ayant disparu, on va directement passer à une paix qui n'existe que dans notre imagination. Ce faisant, on esquive les processus douloureux et complexes que nous avons mentionnés précédemment : dire la vérité, rechercher la justice et tendre vers le pardon. Nous nous imaginons que, après une longue période de guerre, la paix refleurira et s'imposera ; nous croyons que, à l'instar du phénix, la démocratie renaîtra des cendres de la dictature et du despotisme. Mais ce n'est pas ainsi que les choses se passent : on peut se retrouver à accepter des demi mesures, des demi-vérités et des solutions de compromis. En matière de réconciliation, il est important de ne pas confondre ce qui est le processus et ce qui est l'objectif. Pour que le processus se poursuive, il faut que nous gardions les yeux fixés sur l'objectif. Pour les chrétiens, c'est Dieu qui opère la réconciliation ; nous, nous ne sommes que des agents de ce processus, nous ne faisons que participer à ce que Dieu fait. Dieu est notre force ; Dieu est notre espérance. C'est par Dieu que cela se passe. C'est ici que nous prenons conscience de la distinction entre l'optimisme et l'espérance. L'optimisme, c'est ce qui découle de la confiance que nous avons en nos capacités et ressources propres ; c'est en nous qu'il a sa source. Mais l'énormité du mal et du péché auxquels nous sommes confrontés au cours de longues périodes de guerre et d'oppression est hors de proportion avec ce que nous sommes capables d'accomplir. En revanche, l'espérance vient de Dieu. C'est Dieu qui nous fait avancer, comme il l'a fait avec Abraham et Sarah. Nous vivons dans la foi, dans la certitude des choses en lesquelles nous espérons (He 11, 1). Lorsque nous avons les yeux fixés sur Dieu et sur ses promesses, nous pouvons garder la force du cœur, de l'esprit et de la volonté qui nous permet de continuer à participer à ce que Dieu fait pour le monde. L'Eglise, communauté de mémoire et d'espérance Dans tout cela, quelle est la place de l'Eglise ? Sa participation à la missio Dei, ici comprise comme l'oeuvre divine de réconciliation du monde avec Dieu, se caractérise plus particulièrement par trois éléments. Le ministère de réconciliation fait de l'Eglise, d'abord, une communauté de mémoire et, ensuite, une communauté d'espérance. Sa mission, qui est d'annoncer en paroles et en actes le message de la réconciliation, rend possible ce qui, pour beaucoup peut être, est l'expérience de Dieu la plus intense possible dans notre monde troublé et brisé. L'Eglise
est avant tout une communauté de mémoire. Elle ne
pratique pas l'oubli comme les puissants veulent l'imposer aux
vulnérables et aux pauvres : oublier leurs souffrances,
effacer de leur mémoire ce qui leur a été fait,
faire comme si aucun mal n'avait été commis. En tant
qu'elle est communauté de mémoire, l'Eglise crée
les espaces de sécurité où l'on peut parler
haut et fort des souvenirs et s'engager dans le long et difficile
processus consistant à surmonter la juste colère
qui, si elle n'est pas reconnue comme telle, risque d'empoisonner
toute perspective d'avenir. Les espaces de sécurité offrent
la possibilité que renaissent la confiance qui a été brisée,
la dignité qui a été refusée ou volée.
Une communauté de mémoire veut aussi que la mémoire
soit fidèle : elle refuse les mensonges déformants
qui servent les intérêts de l'offenseur au détriment
de la victime. Tout en poursuivant l'objectif de la justice dans
toutes ses dimensions — punitive, réparatrice. distributive,
structurelle — une communauté de mémoire reste
focalisée sur la mémoire. Si l'on refuse de rechercher
la justice et de lutter pour son établissement, dire la
vérité ne servira de rien et les espaces de sécurité ne
produiront rien. Une communauté de mémoire s'intéresse
aussi à l'avenir de la mémoire, c'est à dire
aux perspectives de pardon et à ce qui est au delà.
Le difficile ministère de la mémoire, si on peut
l'appeler ainsi, est possible parce qu'il est ancré dans
le souvenir de la passion, de la mort et de la résurrection
de Jésus Christ : celui qui était sans péché et
qui s'est, pour nous, identifié au péché, « afin
quo, par lui, nous devenions justice de Dieu » (2 Co 5,21). «Mais ce trésor, nous le portons dans des vases d'argile, pour quo cette incomparable puissance soit de Dieu et non de nous. Pressés de toute part, nous ne sommes pas écrasés ; dans des impasses, mais nous arrivons à passer ; pourchassés mais non rejoints ; terrassés mais non achevés ; sans cesse nous portons dans notre corps l'agonie de Jésus afro quo la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre corps» (2 Co 4,7 10). La réconciliation appartient à Dieu, pas à nous. Malgré tout ce quo nous subissons, nous ne perdons pas courage parce quo nous portons dans notre corps la mort de Jésus afn quo, au travers de nous, sa vie puisse être rendue visible. Telle est la vocation de l'Eglise, sa vocation au ministère de réconciliation, sa proclamation de la mort et de la résurrection du Christ dans le corps même de l'Eglise. Si nous prêchons de cette manière avec notre corps, nous pourrons faire connaître à un monde brisé l'œuvre divine de réconciliation. Ainsi que nous l'ont fort justement rappelé nos frères et sœurs orthodoxes, la mission est la liturgie après la liturgie. Notre action, ce n'est pas seulement une action politique ou une action pour la justice (bien qu'elle soit aussi cela). C'est une participation à quelque chose qui est bien plus grand quo nous : l'œuvre du Dieu Trinitaire, dont le dessein est de guérir le monde. Note * Catholic Theological Union, Chicago, Etats Unis.
Réf. : Conférence mondiale sur la mission et l’évangélisation. Traduit de l'anglais service linguistique, COE.
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